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HISTOIRE

Le Deuxième Événement - Mai 2016

Deux semaines.

Il y a deux semaines, nous étions innocents. Nous voulions camper en forêt, peut-être jouer au baseball. C’est simple, on voulait simplement prendre le temps de vivre. Et pourtant, maintenant que nous avons perdu la balle depuis un bon moment, la batte sait toujours se faire utile…

Hélas, beaucoup sont déjà tombés. Et chanceux sont ceux qui le sont de notre main, en étant encore eux-mêmes. Car personne, personne ici ne sait ce que la zone nous réserve, si ce n’est que nous sommes toujours en vie, en proie à la menace d’un bombardement. Oh, si seulement c’était le pire problème du moment. Surprise ! Ça ne l’est pas.

 

Comme si la première semaine avait été facile, on dirait que le virus, manquant de s’étendre, n’a fait qu’évoluer. Dès l’aube, de nouveaux infectés ont fait leur apparition. On ne sait plus qui est infecté et qui ne l’est pas, tellement la ligne entre l’humain et l’infecté s’entremêle : Nous avons assisté à des infections conscientes, des festins de sang et de chair en toute lucidité. Les grognements ont laissé leur place aux petits rires, ceux qui glacent vos sueurs froides à même votre peau.

 

Et parfois, on dirait que leur meute se rassemble…

 

Si seulement nous avions pu faire de même.

Volontairement, du moins.

 

Notre séparation n’a pas duré longtemps. Suite aux fondements du Camp et de la Meute, nous avons eu plusieurs compagnies particulières. Des rumeurs se sont fait entendre à travers la zone, celles de Sauveurs voulant éradiquer jusqu’au dernier zombie sur terre, jusqu’aux mystérieuses alliances entre les créateurs de l’antidote temporaire que l’on surnomme les Geeks de Regham, et un groupe s’appelant l’Armée de la Zone, souhaitant se frayer un passage à travers le mur par la force brute… Dommage que tout le monde n’ait pu en tirer profit.

 

En effet, quoique les négociations entre l’Armée de la Zone et la Meute se soient bien passées, la prudence du camp causa indubitablement sa perte : Les premières discussions avec les Sauveurs ne se sont terminées qu’en pétarades dans la nuit, à coups de feu résonnants à travers la forêt… laissant peu pour survivre à un camp qui venait de s’établir.

 

Et dans la Zone 53, là où l’on faillit à s’entendre avec l’homme,

la bête ne montre pas tant plus de pitié.

 

Au matin, le Camp était en cendres. Les quelques survivants étaient ceux assez assidus pour se rendre à la Meute, devenue à nouveau seule et unique maîtresse de notre groupe, à nouveau baptisé par le sang. On raconte même qu’au matin, parmi les ruines, certains auraient aperçu un chapeau feutré, celui d’un aventurier, entre les arbres…

 

Mais notre réconciliation sporadique n’était que le début de nos troubles.

 

La journée fut accentuée par la venue du Pianiste, cet homme au masque tout droit sorti d’un cirque et aux idées d’une provenance tout aussi familière. On nous annonça la venue d’une foire, au coucher du soleil, dans la grande plaine…

 

Et la foire, Ô douce foire, eut lieu.

 

Les rumeurs étaient donc vraies : Sauveurs, Geeks, fermiers de Heavley et Armée de la Zone étaient tous présents, dans une seule et grande foule à laquelle notre groupe put se mêler, pour quelle marée humaine que ce fut, rassemblement à travers cette période de crise. Le Pianiste nous y attendait en effet, assisté de nul autre que les soldats d’Istanbul. Paris s’y sont tenus, à savoir qui voudrait tenter sa chance à l’impossible : sortir vainqueur d’un combat contre infectés, jusqu’à ce que mort s’ensuive – si l’on peut encore appeler cela une mort…

 

Parlant d’impossible, nous avons assisté à plus atroce que je n’aurais cru voir… Un enfant s’était porté volontaire. Personne n’est intervenu. La foule a gardé le silence.

 

Je vous laisse imaginer la suite.

 

 

Notre dernière nuit, toutefois, fut des plus troublantes. Lorsque nous pensions que le Pianiste avait terminé ses jeux sanguinaires, une visite privée de sa part nous a surpris, au beau milieu de la nuit noire de la zone.

 

Il nous proposait le dernier jeu de la soirée, c’est-à-dire trouver un certain antidote… L’antidote à ce qu’il venait d’injecter au bras d’un de nos camarades ! La réponse se trouvait sur quelques petits bouts de papier que nous avons passé une bonne heure à chercher, à la lueur de nos lampes de poche, la peur au corps de se faire infecter dans le processus. Quand les morts se lèvent, qui sait ce que quelqu’un d’aussi cinglé, déjà debout, pouvait nous réserver.

 

Ô, nous n’avons pas été déçus.

 

Au fin fond de la forêt, l’antidote avait finalement été trouvé. Mais pas où nous le voulions… On l’avait caché. Caché dans quelque chose qu’il nous fut tenace à ouvrir.

 

Caché dans un enfant.

 

Et pas n’importe lequel : soi-disant le fils du Pianiste.

 

C’est dans nos pleurs, les cris d’un jeune garçon et les rires de ce que je n’ose plus appeler un homme que j’écris ces lignes, car je n’ose même plus imaginer ce que l’avenir nous réserve. Cela ne peut pas devenir pire que ce que nous venons d’accomplir. Infectés ou pas, nous sommes toujours humains…

 

…Pas vrai ?

 

Cela fait maintenant 12 jours que cette nuit me hante.

Mais bientôt, tout va changer.

Le Pianiste paiera. Et le sang coulera.