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HISTOIRE

Le Troisième Événement - 2017

Ce n’est pas avec joie que je vous parle.

Ce n’est pas avec joie que je peux dire qu’un mois est passé depuis nos idées de camping. Un mois complet, sans vrai repas, sans sommeil tranquille. Un mois sans arrêter de s’inquiéter pour nos amis…

 

…ceux qu’il nous reste.

 

Au moins, Chuck est revenu. Leader déchu de ce qu’on appelait la Meute, il est parti peu de temps après notre escapade horrifiante, dans les entrailles du fils de notre pire ennemi. Disant qu’il allait revenir.

 

Et dieu sait qu’il aurait mieux fait de revenir plus tôt. 

Depuis son retour, je ne le reconnais plus. Il est... différent. Nul sait ce qu'il a vu dans son voyage.

 

Au moins, plusieurs figures aidantes ont fait leur apparition, arborant larges sourires autant que regards ayant presque perdu tout espoir. D’un rejeté de l’Armée de la Zone, Louis, allant à un fier gaillard des Sauveurs, Vincent, en passant par John, un des rejetons d’Heavley... on commence à rassembler un beau petit cirque, ces deux dernières semaines. Je me demande si le Chuck que j'ai connu autrefois ne les aurait pas fait exécuter. Mais rendu à ce point, on n’a plus vraiment le choix d’accepter, surtout le peu d’aide qu’on nous offre… non?

En tout cas, Chuck n’a pas trop porté attention aux nouveaux arrivants depuis son retour, et avec raison : Il apportait de bien graves nouvelles. Des nouvelles de sang.

 

Des nouvelles de mort.

 

Nos hypothèses se sont avérées bien pires qu’on ne le pensait. La horde dont les rumeurs parlaient non seulement existe, mais est bien plus imposante que toutes les observations apportées des éclaireurs de la plupart des factions. Et vous connaissez la nouvelle ? Elle était en route.

Droit vers nous.

 

Ramassant ce qu’on a pu avec l’aide de Chuck, des nouveaux venus ainsi que de ce que l’on avait pour le feu, la journée ne fut qu’un long chantier. Celui d’une palissade autour du campement, qui ma foi n’avait pas l’air de pouvoir tenir. Le seul rempart que nous avions contre plusieurs centaines d'infectés. Nous n'y croyions plus. 

 

Et pourtant, nous sommes là.

 

Les derniers rayons de soleil passaient à travers les arbres alors que le mur était encore fébrile... et on les entendait. Ils arrivaient. C’est bien seulement en éteignant toute forme de lumière que nous avons survécu. Je me rappelle encore suer, la main sur ma bouche pour étouffer mon angoisse alors qu’on les entendait gratter sur la palissade, passant leur chemin après quelques heures…

 

Et, contre toute attente, nous avons tenu bon. Même Chuck fut surpris.

 

Ce fut seulement le lendemain, dans la pluie et le froid, que nous avons réalisé notre chance, car même si nous respirions encore, ce qui restait de la palissade n’était pas beau à voir. Cependant, rassemblant ce que nous pouvions, nous n'avons pas baissé les bras.

 

Car c’est là qu’on meurt, dans la Zone.

Et la Meute n'est pas du genre à laisser tomber si facilement.

 

Et juste quand nous pensions notre lot de chance terminé, Vincent – ce gaillard des sauveurs, qu’on n'avait pas beaucoup entendu depuis – nous a expliqué le tout nouveau plan des Sauveurs, idée ayant germée des événements de la veille. Idée très simple, sans nul doute: parvenir à recréer le phénomène de la horde. Rassemblant les infectés en un lieu précis… et les faire sauter. Une fois pour toute.

 

La question restait, comment faire et, surtout, comment trouver un engin explosif assez puissant pour faire sauter une foule ?

 

Quand je parlais de chance, la voilà ; certains de nos gars suivant la trace de la horde, dans la forêt, sont tombés sur une carcasse. Et pas n’importe laquelle : celle d’un hélicoptère. Toutefois, notre seule trouvaille sur les lieux était celle d’une étrange boîte noire, ne faisant que beaucoup de bruit.

 

Mais lorsque nous commencions à penser que l’endroit avait déjà été pillé, Vincent, qui nous avait suivi sur les lieux, trouva un curieux message, indiquant que l’un des cadavres sur les lieux provenait de l’Armée de la Zone elle-même.

 

Ledit message parlait de mystérieux cargos, transportant ce qui semble être le stock de plusieurs hélicos abattus par le groupe armé dans les derniers jours…

 

Serait-ce assez pour survivre encore bien longtemps ? La chance nous avait-elle sourit à ce point ? Ou est-ce tout ceci qu’un piège, enchevêtré pour nous donner le coup de grâce ?

 

Ça, mes amis… il va falloir y survivre pour le savoir.

C'est dans le froid, la pluie et l'hypothermie avancée que j'écrit ces lignes. Mes doigts aussi engourdis que mon esprit n'espèrent qu'une chose: retrouver le soleil et la chaleur d'une monde serein.

Mais nous savons tous que ça n'arrivera pas.

Nous manquons de nourriture. Les hommes tombent un à un.

Mais la Meute ne se découragera pas aussi facilement.

Dans le froid et la souffrance, nos hurlements se font entendre.

Les loups sont affamés.